On trouve de tout sur le Net à propos du frelon asiatique et des moyens développés pour lutter contre ce satané  insecte.
C’est parfois du n’importe quoi et il faut être prudent avec ce que l’on lit sur les réseaux sociaux.
Toutefois, il peut arriver que de bonnes idées surgissent et c’est alors que l’envie me prend de tester celles-ci afin de partager mon expérience, bonne ou mauvaise. (Ce fut le cas pour les muselières « Fernando » qui nous ont vraiment aidées pour déstresser les colonies).

Souvent on m’a demandé par quels moyens pratiques, en Asie, les apiculteurs luttent contre les frelons.
Il en existe plusieurs, et pas toujours conseillés, mais aujourd’hui je vous parlerai d’une vidéo qui a attiré mon attention. Il s’agit du « Piège-nasse », piège qui serait d’origine coréenne selon l’apiculteur français Fred Soulat et dont il a réalisé plusieurs vidéos explicatives.
Je me suis donc lancé dans la fabrication et voici ce qu’il en est ressorti.
Ce type de piège existe depuis la nuit des temps. C’est le principe des nasses servant à capturer poissons, crustacés ou même utile dans la chasse aux nuisibles (rats, souris…).
La réalisation est d’une simplicité et le coût est dérisoire (une dizaine d’euros). Ce bricolage est à la portée de tous et ne prend pas plus d’une à deux heures selon votre habileté. Il suffit d’acheter un rouleau de grillage tel que celui employé pour la confection des muselières. On le trouve facilement en longueur de 2,5 mètres sur 50 cm avec mailles d’environ 6mm. Pour vous faire une idée, je joins un plan de découpe pour un aperçu du modèle que j’ai créé mais rien ne vous empêche de modifier les mesures à votre guise.
L’essentiel est d’avoir un cône à l’intérieur d’un cylindre fermé sur la partie supérieure. Vous pouvez  même vous passer de la « cheminée » si vous ne voulez pas vous compliquer la tâche.  Il faut penser à créer un rabat (clapet) sur la partie supérieure (toit) afin de pouvoir évacuer les cadavres en fin de saison. N’hésitez pas à aller sur le Net pour voir les vidéos de Fred Soulat, elles vous seront d’une aide en cas de besoin.
Lorsque la nasse est prête, il suffit, par exemple, de la poser sur une hausse avec quelques cadres qui ont été léchés. Le frelon est attiré par l’odeur de miel et de la cire. Vous pouvez également employer n’importe quel autre attractif et ça marchera sans problème.

Lorsque j’ai posé ma nasse, je ne l’avais pas encore fixée que déjà un frelon la visitait ! Le lendemain une quinzaine était capturée et cinq jours après on en comptait déjà une cinquantaine. Le principe est que lorsque le frelon rentre dans la hausse et se pose sur les cadres, en quête de sucre, il se trouve dans la pénombre puis, pour quitter les lieux, attiré par la lumière, il grimpe dans le cône, ensuite rentre dans le cylindre et ne retrouve plus la sortie. Si vous avez parfaitement fixé les éléments du piège (ligatures et ficelage avec fil de fer), il ne trouve aucune issue, il s’épuise relativement vite et finit par tomber au fond du piège.


Avantages du « piège-nasse » :
Le coût dérisoire
La réalisation aisée
Le transport facile
Il capture un certain nombre de gynes en quête de sucre
Abeilles, guêpes, mouches et autres bestioles peuvent sortir aisément hors des mailles
Il détourne la pression devant les ruches lorsqu’il est placé à une bonne dizaine de mètres
Vous pouvez mettre n’importe quel autre attractif, fruits mûrs, sirop d’appât…même si la cire ajoutée à l’odeur du miel persistante semblent parfaits
Même après la pluie, le piège reste attractif



Inconvénient :
La sélectivité n’est pas totale, un frelon européen pourrait être piégé également. Toutefois, je n’en ai pas capturé, probablement parce j’ai placé la nasse à la mi-octobre, période où ils se font plus rares donc c’est cette période de l’année qu’il faut absolument privilégier
Un phénomène de pillage pourrait se produire si les cadres de hausses contiennent encore du miel en quantité surtout quand le piège est trop près des ruches. Chez moi, quinze mètres les séparaient et je n’ai rien constaté.

La combinaison de toutes ces protections donne de bons résultats. Muselières de toutes formes, harpes électriques et autres inventions aideront nos abeilles à coup sûr.

Mais surtout, n’oubliez pas, que la meilleure défense c’est l’attaque donc trouver les nids reste la mission première !
Soyez imaginatifs et tentez l’expérience !

Raymond Peeters